Montélimar, sur l'autoroute,
12 juin 2021
en chaîne
tout au long de la route
la déflagration des genêts
un Verdun de jaune
dont le souffle déchire l'œil
et l'on passe
dans l'instant immobile
d'une ère à l'autre
enfin
Illustration de couverture : toile d'Alexandre Bindl
« Il y a dans les poèmes de Stéphane Juranics cette nécessaire dualité de toute poésie véritable : le bonheur d’être au monde et la conscience aiguë de la déchirure de vivre. Une tension permanente dans chaque poème, avec parfois une densité telle que le poème est comme cerné par sa propre forme, et d’autres fois avec un relâchement bienfaisant qui laisse le vers couler comme une source. Tantôt une coagulation intense, une façon de se ramasser sur soi-même pour résister tant bien que mal à l’oppression que seule l’espèce humaine est capable d’exercer sur ses membres, une sorte de bloc de courage. Tantôt un lyrisme confiant, rendu à l’espoir, emporté par l’amour. »
Emmanuel Merle, préface d'Exister de vivre suivi de Bribes du dehors, août 2023.
« Poète de la profondeur et ami du silence, doté d’un grand sens de
l’observation, Stéphane Juranics, dans Exister de vivre, affirme que "le seul sens de la vie est de chercher le sens de la vie". Animé de
cette quête, il se montre attentif à la beauté où qu’elle se trouve, là
où elle se laisse cueillir. (...) Certes, chacun traverse des moments de désespoir, mais l’auteur, qui
vit à fleur de peau, à fleur de mots, en est persuadé : "Ce sont les
désespérés qui font le mieux l'amour". »
Parme Ceriset, La Cause Littéraire, 26 novembre 2025.
