La voie du dedans
 
27 juillet 2024, Aillon-le-Jeune, Savoie. Comme par un étrange clin d’œil du destin, j’apprends le décès de Charles Juliet — survenu la veille — à l’endroit même où j’ai commencé à lire son Journal à l’âge de vingt ans. C’est ici en effet, sur le balcon du chalet familial de cette petite station des Bauges que, à l’été 1989, je me plongeais pour la première fois dans ce véritable livre-fleuve qui m’aura tant marqué. Je dévorais littéralement le tome 1, souvent très tôt dans la journée, un crayon à la main, une tasse de café posée à côté de moi. Je me rappelle assez clairement la sensation d’apaisement qui m’envahissait alors devant ces pages, dans ces moments d’intense concentration rendue possible par le calme profond de la montagne au petit matin. Calme propice à la méditation solitaire comme à l’intime communion avec la nature en plein éveil, dans l’écoute du cri silencieux de la vie alentour entrant soudain en résonance avec celui de mes propres entrailles. Dans ma tête ces quelques vers extraits de son recueil de poèmes Ce pays du silence : « Reviens / à ta solitude / (…) / Coule-toi en ce silence / où ta vie se recueille / et s’exalte ». (...)

Stéphane Juranics,
août 2025.

Extrait du texte « La voie du dedans »
figurant dans l'ouvrage Dans l'ombre du printemps
paru à La Rumeur libre éditions en 2026.